Jours de Marie

Mes souvenirs, mes images, mes passions, mes rêves et mes lectures, tout ce qui fait mes jours ...

26 mai 2007

Mes deux surprises du swap...

Mon swap a une histoire !
Elle a connu son dénouement ce matin... 
Aussi, je peux tout raconter maintenant !

En début de semaine, Flo m'avait informé que ma gentille expéditrice était parmi les premières à avoir accompli sa mission de swapeuse et s'inquiétait de l'arrivée du colis ! 

Depuis quelques jours, je guette donc le facteur, en me posant cette question terrible : "Arrive-t-il que la poste perde purement et simplement des paquets ? Disparus dans la nature, volatilisés ?"

Je me creuse la tête, et soudain, hier soir, je me rappelle que mon facteur habituel fut absent quelques jours vers le 15 mai.  Son remplaçant, pas trop dégourdi,  s'est peut-être trouvé tout bête devant ma boîte à lettres dont la dimension n'est pas conforme aux normes de la Poste -ma porte date des années 30 !-

Ce matin, je file à la poste et j'explique la situation : Non, je n'ai pas eu d'avis de passage, mais je suis sûre qu'un colis doit attendre quelque part et risque d'être renvoyé à l'expéditeur, or c'est un truc important, vous comprenez !!

La postière ne compatit pas vraiment :  "Vous savez,  si c'est pas un recommandé, pas d'avis de passage, c'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin !  Et vous avez vu la queue derrière vous ? un samedi matin en plus !"

J'insiste. Elle quitte sa chaise en poussant un soupir, s'éclipse cinq bonnes minutes...

Et ... là voilà qui revient avec le petit colis à la main !

Ce n'était pas la fin des p'tits plaisirs, puisque Tamara, très déçue de savoir son colis perdu, venait de m'en envoyer un deuxième.  Cette fois, j'ai eu de la chance, je rentrais juste quand le facteur se garait devant ma maison.

Voici tous les trésors...

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Trois livres : Un secret, Philippe Grimbert.  Fleur de Neige, Lisa Lee. Balzac et la Petite Tailleuse chinoise, Dai Sijie.

Des magnifiques petits carnets "Thé des écrivains" (le papier de l'un d'eux a un effet parchemin pétales de roses), un paquet de thé vert en vrac "Marco Polo" (je le goûte ce soir!), une jolie carte (les lapins!) et pour ceux qui ne liraient pas le chinois, je traduis le petit mot qui accompagnait le colis : "Bonjour, Cadeau dedans !"

Merci Tamara, c'est plein de bonheur, ce swap !

Merci aussi à Flo pour l'idée géniale de l'organiser !

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24 mai 2007

Thé et été...

Surprise ! Hier matin, le facteur sonne et ... non ! ce n'est pas le swap !
Un petit paquet, que je secoue avant de l'ouvrir pour essayer de deviner le contenu..  Mon oreille exercée me dit que ce n'estIMGP0239 pas un bouquin ! Plus léger.. 

Je prends tout mon temps pour ouvrir ...

Et ... voilà des marque-page pour augmenter ma collection (qui ne demande que ça), des petites cartes, et une boîte de magnifiques jolis petits sachets très odorants, "Nuit d'été", écorces de cynorhodon, hibiscus, pomme, framboise et fraise.

Merci Valdebaz,  c'est tellement gentil et ça me touche ! 

Je viens de m'en faire une petite tasse pour le goûter.  Vous avez vu sa jolie couleur rouge ?  Et il embaume le fruit rouge, la douceur... Délicieux!

Et figure-toi qu'il y a quelques marque-page que je ne connaissais pas!

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21 mai 2007

Swap, le colis est prêt!

Demain matin, je le confie à la poste...
Encore un p'tit mot à écrire, le contenu est secret, la destinataire aussi.
J'espère qu'il fera plaisir!
Merci Flo pour la belle initiative du swap!IMGP0230

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20 mai 2007

Anthony Eglin, La Rose bleue

Un jeune couple britannique, Alex et Kate Sheppard, vient d'acheter la maison de ses rêves dans la51sI3mj7yML campagne anglaise. Le "Presbytère" est entouré d'un superbe jardin où fleurissent des milliers de roses. Kate passe dans ce petit paradis de délicieuses journées jusqu'au jour où elle découvre un rosier garni de fleurs bleues.

Découverte fabuleuse ! Jamais on a pu produire une rose bleue, aucune hybridation, aucune manipulation génétique pour réaliser ce prodige.
Le couple se lance aussitôt dans l'aventure : Comment faire connaître "saphir" au monde entier ? Quel est le secret de sa naissance ? Quelle fortune peut leur apporter sa production ?

Dans cette histoire, les bons (une amie horticultrice, un vieux professeur de botanique) et les méchants (un producteur de roses américain au bord de la faillite, un japonais cupide) s'affrontent. Meurtres, complots, menaces, rapt, course poursuite.

Toutefois, si Saphir suscite des convoitises commerciales,  elle recèle un terrifiant secret.


L'ambiance de ce petit policier, très "british" ne décevra pas les amateurs! Jardinage, cottage, pubs, réconfortantes tasses de thé. Classique et sage (pas de bain de sang, pas de commentaire d'autopsie) ce petit roman vaut surtout pour son atmosphère et son sujet original. Divertissant, sans grande surprise.

Un petit aperçu...

"Le rosier dégageait une impression de beauté presque iréelle. Mais il y avait quelque chose de nettement troublant, presque inquiétant, dans sa perfection même. L'éclat presque lumineux de ses fleurs couleur de saphir contrastait avec les teintes sombres de son feuillage et le rouge de ses épines. Et, maintenant qu'Alex et Kingston connaissaient son mortel et terrible secret, cette beauté qui venait provoquer leurs regards leur paraissait encore plus impressionnante et insolite qu'auparavant. Frissonnant, Alex détourna les yeux."

Et une petite anecdote...

J'ai convaincu mon libraire (amateur de jardins) de lire ce roman! Il ne tarissait pas de remerciements et d'éloges, et a su si bien en parler qu'il a vendu tout son stock en une demi-journée!

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17 mai 2007

Agendas, journaux, stylos ...

Les amateurs de livres que nous sommes sont souvent amoureux de papier vierge ou imprimé et des instruments d'écriture... Stylos, crayons de couleur, papier à lettres, agendas et journaux illustrés, si jolis qu'on n'oserait jamais y tracer un mot...


juillet

reading

Quelques images de chez moi, une longue après-midi de jour férié pluvieux, où l'on fouille les tiroirs, on dérange les étagères, on explore les piles, on feuillette, on s'émerveille de retrouver un bouquin oublié qui ira rejoindre la fameuse "pal" au pied du lit!

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13 mai 2007

Le petit Marcel Proust

J'ai entrepris la lecture de la "Recherche du temps perdu" en 1986.

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Et je ne l'ai toujours pas terminé.  Je pense que je n'ai pas envie de tourner la dernière page du "Temps retrouvé".
Flâner dans cet univers, au fil de nos envies, relire certains extraits, y entrer un peu au hasard, c'est prendre une assurance de bonheur de lecture!

Je fais des pauses de plusieurs mois, j'y reviens parfois "au feeling" : Quand le printemps emplit l'air du parfum des fleurs, vous avez envie de revenir à Combray, d'entendre la clochette aigrelette du portail, d'admirer les aubépines. Quand l'été arrive, vous faites un tour à Balbec, au restaurant aquarium du "Grand Hôtel", au son des rires des jeunes filles en fleur.  Quand vous avez l'humeur romantique, vous vous plongez dans la déchirante histoire d'amour de Swann et Odette...

En 20 ans, je n'ai oublié aucun des personnages, même les plus obscurs et les passants...

Parfois, Proust m'agace :  trop longues les phrases!  J'ai des cahiers où je recopie certains passages, avec différentes couleurs, en coupant les phrases pour mieux les comprendre.  Mais le plus souvent,  il m'éblouit,  les prouesses de son style m'enchantent et son univers excite mon imagination, me rassure, me réconforte, m'aide à comprendre ce qui se passe en moi, en nous, sensations, souvenirs, douleurs, joies...  On se trouve dans la "Recherche"!


J'ai essayé d'initier mes filles. En racontant de petites scènes (la madeleine, le baiser vespéral de Maman avant le déchirement du coucher,  les goûters chez Gilberte Swann...).

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Ce petit livre n'est pas seulement destiné aux enfants.  C'est une balade, doucement illustrée, dans le monde "proustien", avec des extraits groupés par thèmes (l'enfance, les vacances, la mer, la musique, la lecture, la famille, le souvenir...).

Pour le plaisir,  voici la madeleine !

"... je portai à mes lèvres une cuillère de thé où j'avais laissé amollir un morceau de madeleine. Mais à l'instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d'extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m'avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m'avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu'opère l'amour, en me remplissant d'une essence précieuse: ou plutôt, cette essence n'était pas en moi, elle était moi."

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11 mai 2007

La femme du Ve

La dame du Ve n'est pas celle que vous croyez !

Un américain débarque seul à Paris, un main d'hiver entre Noël et le Nouvel An.  En rupture avec sa famille, chassé de416pcFHXScL l'université où il enseignait.  Au fil des pages, on apprendra qu'une liaison d'un soir avec un étudiante a suffi à mettre sa vie en miettes et l'a forcé à fuir, banni par ses pairs, jeté sans appel par sa femme et sa fille adolescente.

Exclu de sa petite ville de l'Amérique profonde, bien pensante et hypocrite, où aucune transgression n'est admise, Harry semble condamné à expier sa faute dans une chambre de bonne miteuse du Xe arrondissement.  Fauché, il a le vague projet d'écrire un grand roman d'initiation,  mais l'urgence le pousse à accepter un boulot de veilleur de nuit. Nous sommes dans un quartier où vivent des immigrés turcs, on y croise des clandestins et des trafiquants, et la nouvelle d'un règlement de comptes sanglant est fréquente.
Harry partage sa vie entre la rue de Paradis où il loge et travaille, et le Ve arrondissement où il passe de longues heures dans les salles obscures des cinémas Art et Essai. Au cours d'une soirée d'américains exilés, il rencontre une femme, hongroise et traductrice, dont il tombe amoureux, Margit :  elle ne lui accordera que deux rencontres hebdomadaires, dans le studio qu'elle habite rue Linné. 

Le décor est planté, on ne peut en dire plus,  sous peine de révéler les circonstances du cauchemar dans lequel Harry va sombrer, comme un piège dont on a vu les ressorts se mettre soigneusement en place.

Ce que j'ai aimé dans ce bouquin, c'est son côté "thriller".
Bien construit, sans longueurs, le suspense est entretenu, on ne lâche pas, on veut savoir, et savoir vite! 

Et puis, j'ai eu l'impression dès les premières pages, de lire une BD plutôt qu'un roman, tant les lieux décrits par l'auteur (un américain qui a beaucoup marché et beaucoup observé Paris!) m'étaient familiers : de la Gare de l'Est à Jussieu, j'ai traversé un Paris que je connais bien,  j'ai reconnu les cafés, les stations de métro, les cinémas, l'atmosphère d'une rue ... 

Le héros, Harry,  ne se sépare jamais d'un roman de Simenon...  Clin d'oeil au Paris crépusculaire, peuplé d'ombres, familier des lecteurs de Maigret, auquel on devine que Douglas Kennedy est sensible. 

Enfin, dans ces errances où la ville tient presque le rôle d'un personnage,  Paris et ses quartiers comme autant de "mondes" différents et juxtaposés, j'ai perçu quelque chose des pérégrinations de certains héros de Paul Auster à New-York !

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02 mai 2007

Le livre de Joe

Joe Goffman est un auteur new-yorkais comblé.  Son best-seller autobiographique vient d'être adapté au cinéma avec succès, il41QwERwgKJL vit dans un quartier chic de Manhattan,  collectionne les conquêtes féminines sans lendemain.  Fortuné mais désoeuvré, vie dorée mais vide, Joe tente d'écrire un second livre quand lui parvient la nouvelle de la maladie de son père. 

De retour à Bush Falls,dans sa petite ville natale du Connecticut, il se trouve brusquement confronté au passé qui lui a servi de matériau pour son livre.  Dix-sept ans ont passé, les protagonistes sont toujours là : les "Cougars", équipe de basket locale,  Brad le frère de Joe lassé par sa fade vie conjugale,  Wayne son vieil ami atteint d'un sida en phase terminale, Carly son ex-petite amie...

"Tous les chemins ramènent à Bush Falls."  pense le héros lorsqu'il prend la route, au volant de sa superbe mercedes gris métalisé.

En effet, plus l'histoire se déroule, plus nous comprenons que ce retour était inéluctable,  il fallait que Joe affronte toute une communauté hostile, blessée par la publication du livre qui met à jour ses travers et son étroitesse d'esprit et son homophobie.
Les fantômes de son passé l'attendent,  le souvenir d'une mère maniaco-depressive suicidée,  son père veuf qui n'avait plus d'autre obsession que cette équipe des Cougars,  la fin tragique de la relation homosexuelle de ses deux meilleurs amis, Wayne et Sam, l'échec de son amour pour Carly.

C'est un roman très "américain", restituant les moeurs et coutumes d'une petite ville, lycée, exploits sportifs, premières expériences sexuelles, virées d'adolescents,  qui vous rappelle tant de films et de séries.

Mais de qui m'a touchée  dans cette histoire,  c'est l'écho qu'elle produit en chacun de nous  (surtout les quadragénaires dont je suis !)...  La présence brûlante du souvenir,  la rencontre brutale et parfois violente du passé enfoui au fond de nous, toutes ces choses qui "furent" et ne seront plus mais peuvent encore vous déchirer.

C'est pour cela, je suis sûre, que Joe nous est si proche, lorsque la souffrance du passé le frappe de plein fouet.  Comme un travail qu'il lui faut effectuer pour enfin se réconcilier avec un passé enfoui, plein de névroses et de chagrins jamais guéris.

Ce n'est pas une lecture joyeuse, bien que l'humour n'en soit pas absent,  mais une de ces lectures dont on ne sort pas "bredouille"!  Quelque chose a bougé en nous. Et lire, outre le plaisir de l'histoire,  c'est aussi se laisser bousculer, interpeller au plus profond de soi. Cette chronique un peu amère et pleine de nostalgie réussit à nous emporter.

C'est grâce aux commentaires enthousiastes de nombreux blogeurs que j'ai choisi ce bouquin !

Pour illustrer un peu ce que j'ai ressenti à la lecture du livre de Joe, le goût du passé et les surprises de la mémoire,  un passage que j'ai trouvé beau et  fort,  celui où Joe retrouve, intact après tant d'années,  sa chaîne hifi d'adolescent :

" J'appuie sur l'énorme bouton POWER argenté, et tous les voyants s'allument avec un couinement sonore. Émerveillé, je vois le bras du phono qui se lève automatiquement et se déplace jusqu'au bord de la platine, sur laquelle est posé un vieux 45 tours. Il n'y avait aucune raison pour que l'appareil ne fonctionne plus, mais je ne peux m'empêcher d'être surpris. La chaîne est branchée derrière le bureau et je me souviens de la galère que ç'avait été pour déplacer ce fichu meuble afin d'atteindre la prise. Je suis sidéré que les conséquences d'un geste, effectué par le gamin que j'étais avant de devenir moi, aient perduré jusqu'à aujourd'hui, comme s'il allait de soi que je reviendrais un jour. Nous voici soudain connectés, ce môme et moi, par une sorte de faille dans le continuum temps et je le distingue avec une netteté parfaite tandis que ses angoisses et ses pensées submergent mon esprit, que ses jeunes humeurs se déversent dans mes veines, et, le temps d'un éclair, par l'effet de je ne sais quelle espèce de mémoire moléculaire, je suis lui à nouveau. Je ressens comme un fourmillement dans les jambes et je m'empresse de m'asseoir sur le lit. Mon lit. Les haut-parleurs crachotent les premières notes de "In Your Eyes" de Peter Gabriel, et je ne peux m'empêcher de sourire."

Oh la !  En tapant ce texte, je m'aperçois qu'il a quelque chose de franchement Proustien!

Posté par marie s à 15:34 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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