17 novembre 2008
Une autre maison sur le rivage...
Quelque chose de "gothique" dans ce roman écrit par une irlandaise, en 1941 :
"Mon coeur saignait en entendant l'enfant, sa dévotion, sa chevalerie éperdue! Et tout cela pour...pour un fantôme!"
Roderick, journaliste et écrivain, et sa jeune sœur Pamela décident de quitter Londres et de commencer une nouvelle vie au bord de la mer. Au cours d’une promenade en Cornouailles, ils découvrent une maison au bord d’une falaise, battue par les vents. Elle est à vendre ! C’est un coup de foudre, ils décident de l’acheter sur le champ, malgré les mises en garde du vieillard qui en est propriétaire : les précédents locataires n’ont pu y rester, on y entend des « bruits », elle serait hantée.
Pamela se charge avec enthousiasme de l’aménagement et de la décoration. Roderick entame la rédaction d’une pièce de théâtre. C’est l’été, le paysage est magnifique... La pendaison de crémaillère, avec quelques amis sympathiques, est très réussie… Enfin, presque ! Les premiers « signes » se manifestent. Soupirs et sanglots nocturnes, une chambre-atelier où on se sent saisi d’angoisse, un étrange parfum entêtant de mimosa, une brume glaciale qui se répand dans les couloirs… Illusion, hallucinations ou fantôme? Un esprit venant du monde des morts pour régler ses comptes ?
Le frère et la sœur, partagés entre l’amour de leur maison et la peur, l’envie de s’enfuir et celle d’élucider le mystère, vont se lancer dans une enquête sur le passé de « Cliff End ».
Elle fut habitée, une quinzaine d’années auparavant, par un « ménage à trois » : Mary la fille du vieux général qui leur a vendu la maison, son mari peintre et une jeune fille, Carmel, qui était la maîtresse et le modèle de ce dernier. Quel drame s’est joué entre ces trois personnages ? Mary s’est tuée en se jetant de la falaise, Carmel a succombé d’une pneumonie quelques jours plus tard. Le peintre s’est enfui à l’étranger, où il est mort. Seule survivante, la fille de Mary, Stella, très attachée au souvenir de sa mère, vit chez son acariâtre grand-père militaire au village.
On s'aperçoit très vite que Roderick tombe amoureux de Stella. Celle-ci ressent pour la maison une dangereuse attirance, fascinée par la présence de sa mère qui semble se manifester dans la maison... Mais rien ne sera possible, aussi longtemps que l'identité du fantôme et ses intentions ne seront pas démasquées! Comment entrer en contact avec lui ? Est-il seul ? Laquelle des deux femmes vient hanter la maison, pour quelle vengeance ou quel message ?
C'est une bonne histoire de maison hantée, où le suspense est habilement maîtrisé, par petites touches...La tension monte lentement, sans grands effets, sans terreur, sans effusion de sang. Les héros sont attachants, l'atmosphère est anglaise, on y boit bien sûr des litres de thé pour se réconforter!
La présentation du roman, au dos de la couverture annonce la couleur :
"Phénomènes surnaturels, secrets de famille, mystères des identités, tels sont les ingrédients de La Falaise hantée, l'un des grands romans anglais "gothique" des années 40, dans la droite lignée de Rebecca de Daphné du Maurier."
L'introduction présente la biographie de l'auteur. Dorothea Macardle (1899-1958) journaliste, critique de théâtre et auteur (on retrouve un peu d'elle-même dans le personnage de Roderick et ses soucis d'écrivain) investie dans le mouvement républicain irlandais.
Le roman a inspiré un film en 1944.
La Falaise hantée, Dorothy Macardle, Terre de Brume



