23 novembre 2008
Le secret de Noël

Tous
les ans à la mi-novembre, pour vous signifier que les fêtes approchent,
10-18 publie un joli petit roman d'Anne Perry dont l'action se déroule
dans un décor de Noël. Pas de suspense haletant, mais une atmosphère
victorienne enneigée qui vous donne envie de fermer portes et volets,
de vous faire une théière et de vous caler dans un fauteuil... Home
sweet home... Et ...Où ai-je rangé les décorations de Noël?
Dominic Corde est un pasteur londonien marié à une charmante jeune femme, Clarice. Lorsque l'évêque l'envoie assurer un remplacement dans un petit village de la campagne anglaise, juste pendant les vacances du pasteur titulaire, il est ravi ! Le presbytère est une maison agréable et confortable, Noël approche, la neige illumine le paysage. Le pasteur s'inquiète un peu de la teneur de ses prochains sermons, mais soutenu par son épouse dévouée, il entame ses visites aux habitants. Pourtant, le mystère plane ... L'adresse que le vieux pasteur, Mr. Winter, a laissée est fausse, il n'a pas emmené sa précieuse Bible personnelle, ni son chevalet et son matériel de dessin. Est-il vraiment parti en vacances, ou ...disparu ?
"Malgré la neige et la paix, la bienveillance et l'approche de Noël, il se passe quelque chose de terrible."
Comme Charlotte Pitt, Clarice brave résolument les convenances! Elle se lance dans l'enquête, ne négligeant aucun détail pour percer le secret du pasteur tant estimé des villageois mais bel et bien assassiné!
La lecture gentille et idéale d'un dimanche hivernal, quand les premiers flocons tourbillonnent sur votre jardin...
Anne Perry, Le secret de Noël, 10-18, novembre 2008
Samedi à l'abbaye
Bâtie au XIXe siècle sur une colline qui domine St-Omer, l'abbaye Notre-Dame ornée de tourelles et de pignons, vous plonge dans une atmosphère néo-gothique qui éveille votre imagination...
17 novembre 2008
Une autre maison sur le rivage...
Quelque chose de "gothique" dans ce roman écrit par une irlandaise, en 1941 :
"Mon coeur saignait en entendant l'enfant, sa dévotion, sa chevalerie éperdue! Et tout cela pour...pour un fantôme!"
Roderick, journaliste et écrivain, et sa jeune sœur Pamela décident de quitter Londres et de commencer une nouvelle vie au bord de la mer. Au cours d’une promenade en Cornouailles, ils découvrent une maison au bord d’une falaise, battue par les vents. Elle est à vendre ! C’est un coup de foudre, ils décident de l’acheter sur le champ, malgré les mises en garde du vieillard qui en est propriétaire : les précédents locataires n’ont pu y rester, on y entend des « bruits », elle serait hantée.
Pamela se charge avec enthousiasme de l’aménagement et de la décoration. Roderick entame la rédaction d’une pièce de théâtre. C’est l’été, le paysage est magnifique... La pendaison de crémaillère, avec quelques amis sympathiques, est très réussie… Enfin, presque ! Les premiers « signes » se manifestent. Soupirs et sanglots nocturnes, une chambre-atelier où on se sent saisi d’angoisse, un étrange parfum entêtant de mimosa, une brume glaciale qui se répand dans les couloirs… Illusion, hallucinations ou fantôme? Un esprit venant du monde des morts pour régler ses comptes ?
Le frère et la sœur, partagés entre l’amour de leur maison et la peur, l’envie de s’enfuir et celle d’élucider le mystère, vont se lancer dans une enquête sur le passé de « Cliff End ».
Elle fut habitée, une quinzaine d’années auparavant, par un « ménage à trois » : Mary la fille du vieux général qui leur a vendu la maison, son mari peintre et une jeune fille, Carmel, qui était la maîtresse et le modèle de ce dernier. Quel drame s’est joué entre ces trois personnages ? Mary s’est tuée en se jetant de la falaise, Carmel a succombé d’une pneumonie quelques jours plus tard. Le peintre s’est enfui à l’étranger, où il est mort. Seule survivante, la fille de Mary, Stella, très attachée au souvenir de sa mère, vit chez son acariâtre grand-père militaire au village.
On s'aperçoit très vite que Roderick tombe amoureux de Stella. Celle-ci ressent pour la maison une dangereuse attirance, fascinée par la présence de sa mère qui semble se manifester dans la maison... Mais rien ne sera possible, aussi longtemps que l'identité du fantôme et ses intentions ne seront pas démasquées! Comment entrer en contact avec lui ? Est-il seul ? Laquelle des deux femmes vient hanter la maison, pour quelle vengeance ou quel message ?
C'est une bonne histoire de maison hantée, où le suspense est habilement maîtrisé, par petites touches...La tension monte lentement, sans grands effets, sans terreur, sans effusion de sang. Les héros sont attachants, l'atmosphère est anglaise, on y boit bien sûr des litres de thé pour se réconforter!
La présentation du roman, au dos de la couverture annonce la couleur :
"Phénomènes surnaturels, secrets de famille, mystères des identités, tels sont les ingrédients de La Falaise hantée, l'un des grands romans anglais "gothique" des années 40, dans la droite lignée de Rebecca de Daphné du Maurier."
L'introduction présente la biographie de l'auteur. Dorothea Macardle (1899-1958) journaliste, critique de théâtre et auteur (on retrouve un peu d'elle-même dans le personnage de Roderick et ses soucis d'écrivain) investie dans le mouvement républicain irlandais.
Le roman a inspiré un film en 1944.
La Falaise hantée, Dorothy Macardle, Terre de Brume
14 novembre 2008
Parfum de sainteté, Maximilien Durand
Les huit nouvelles qui composent ce recueil se passent à des époques et à des lieux très différents, mais chacune est le portrait d’un saint dont l’auteur réinvente la biographie. Un « envers du décor » où sont révélés la naïveté, la bêtise, l’orgueil, parfois les perversions de ces personnages. C’est souvent cruel, admirablement bien écrit et passionnant, chaque nouvelle est un bijou…
« Parfum de sainteté », la nouvelle qui donne son titre au livre, est l’histoire de Lydwine de Schiedam, mystique hollandaise du XVe siècle. (Elle fascinait Huysmans, qui lui a consacré un livre) Jeune fille bien née, insouciante et futile, elle est victime à 15 ans d’une chute de patinage. La blessure mal soignée dégénère en septicémie et gangrène et la voilà clouée sur son grabat, repoussante, encore vivante mais déjà en décomposition. Abandonnée de tous, elle décide d’offrir ses atroces souffrances à Dieu. Sa chambre devient un lieu d’un culte où défilent les humbles et les puissants pendant 35 ans.
« Lydwine comprit où résidait son salut. Elle deviendrait une sainte, et contraindrait les dévots à investir sa solitude. (…) Elle prétendrait qu’elle était stigmatisée par les manquements du genre humain. Par gratitude, par pénitence, on se presserait à la tête de son lit et l’on oublierait qu’elle empestait. »
Élisabeth Verchière, elle, entre en 1788 chez les Sacramentines. Est-elle encore vivante ? Pense-t-elle encore ? Effacée, elle est comme "dissoute » dans le rythme immuable de ses journées monastiques …
« Elle accepta le joug de la vie consacrée avec délectation, en même temps qu’elle coiffait le voile des novices de chœur. Désormais, il ne lui appartenait plus de rien décider et elle pouvait s’abandonner pleinement à son immobilisme intellectuel. »
Les tourments révolutionnaires, le drame de l’expulsion de son couvent la laissent impassible, docile. Sans comprendre, elle se laisse mener au supplice de l’échafaud … Arrivant à six heures du soir devant le bourreau, Elisabeth se souvient ne pas avoir dit son office en entier.
« - Mon Dieu, nous n’avons pas fini nos vêpres !
- Eh bien, nous les achèverons au paradis. » lui répond l’une de ses compagnes.
Jamais morbide, léger, plein de sagesse et de sensibilité, ce livre se dévore, c’est un régal de lecture… C'est difficile d'en parler, mais c'est un coup de coeur de lecture, un vrai!
Maximilien Durand, -Parfum de sainteté- Nouvelles, Les Allusifs, 2007
09 novembre 2008
La Maison sur le rivage, Daphné du Maurier
Les romans de Daphné du Maurier sont injustement classés dans la littérature à l'eau de rose, celle que nos mères lisaient adolescentes... Elle égale pourtant les "reines du crime" anglaises, avec des histoires joliment menées, des "romans d'angoisse" dont le suspense vaut bien un Ruth Rendell ou un P.D James...
Dimanche dernier, je lisais sur le blog de Cryssilda la critique enthousiaste qu'elle faisait de ce roman... Tellement captivée, elle disait avoir accompagné sa lecture de litres de thé, et avoir même eu l'envie d'un vrai breakfast à l'anglaise pour mieux savourer l'atmosphère british... Je me suis souvenue que j'avais une vieille édition de ce roman quelque part dans le grenier, j'ai fouillé une heure avant de mettre la main dessus, il me le fallait sur le champ!
La maison sur le rivage vous emmène en Cornouailles... ses plages, ses falaises et ses criques. On devine à travers la description des paysages la passion que l'auteur vouait à sa région natale. Richard Young est un quadragénaire anglais fraîchement marié à une américaine, Vita, divorcée et mère de deux garçons. Mais il part seul dans le cottage qu'un ami d'enfance, Magnus, lui a prêté pour les vacances. Le but du séjour est une expérimentation scientifique étonnante : Magnus a mis au point dans son laboratoire une drogue qui permet (réalité ou hallucination?) de voyager dans le passé. Tout au long du roman, Dick effectue des "voyages" où il assiste en spectateur passionné aux déchirements, amours et adultères de quelques familles médiévales.
L'arrivée de son épouse et des deux gamins le plonge dans une confusion totale.. Mélangeant le présent et le passé, incapable d'avouer à ses proches les étranges allers et retours qu'il effectue, incompris, près de sombrer dans la folie, il sera finalement conduit au bord du meurtre...
Rythmé et divertissant ... Et nul doute qu'après avoir tourné la dernière page, on n'a qu'une envie, séjourner en Cornouailles dans le cottage de Magnus et s'installer sur la terrasse face à la mer avec une tasse de thé!
Un retour victorien ...
Mon blog silencieux en longue pause (et je m'en veux!) n'a pas signifié absence. J'ai fait la tournée de la blogosphère chaque jour, puisant des idées de lecture, agrandissant mes PAL qui ressemblent à des forteresses dans toutes les pièces de la maison.
Le "Victorian Christmas Swap" lancé par Lou et Cryssilda me donne l'occasion de revenir sur mon blog, d'aérer les lieux désertés depuis janvier et de me lancer ... En guise d'introduction, un aperçu de ma bibliothèque victorienne, alors que je m'applique à remplir le (copieux!) questionnaire préalable au swap...













